Captain Train, la voie de la réussite

Pour la 32ème édition de notre lettre externe IMEDIA, nous vous proposons une parution orientée sur l'entrepreneuriat.

Nous avons souhaité vous faire découvrir trois exemples de personnalités issues de l'INSA Rouen, qui sont aujourd'hui à la tête de leur entreprise, quelle soit Start-Up internationale, entreprise montante locale ou société axée sur l'innovation. Ces trois profils se rejoignent sur l'envie commune d'entreprendre et d'innover.

 

Pour notre premier portrait, je vous propose de découvrir le parcours de Jean-Daniel Guyot, qui a crée avec ses camarades Valentin Surrel et Guillaume Jouanno en 2009, la société "Capitaine Train", qui propose des billets de train à travers l'Europe. Ces trois diplômés INSA Rouen sont issus de la promotion 2005 du département Architecture des Systèmes d'Information.

Ils souhaitent simplifier la vie des férus du rail. Sous la casquette de président de Capitaine Train, Jean-Daniel Guyot propose aux voyageurs européens de les aiguiller à travers les différentes compagnies ferroviaires européennes, pour optimiser leur trajet et le prix du billet.

Nous lui avons posé quelques questions sur son parcours scolaire et plus généralement sur son parcours de vie...

 

1. Racontez nous votre parcours depuis le lycée, à cette époque à quoi vous destiniez-vous ?

Je suis allé au lycée à Vandœuvre-lès-Nancy (2de), puis à Villeneuve/Lot (1ère et Terminale). J'ai opté pour un bac S option mathématiques, non pas parce que je n'avais pas d'intérêt pour les matières littéraires et économiques, mais parce que cette voie était réputée ouvrir à plus de possibilités par la suite.

C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai choisi de rentrer à l'INSA. Ce type d'école d'ingénieurs me paraissait offrir un enseignement plus diversifié qu'une classe préparatoire scientifique et cela correspondait à mon envie de toucher à tout sans me limiter aux mathématiques ou à la physique. Je suis persuadé qu'il est important de ne pas se limiter à lire et à expérimenter beaucoup, continuellement.

Aujourd'hui encore la curiosité est une qualité qui m'apparaît essentielle et que je recherche dans toutes les personnes qui collaborent avec moi.

 

 

2. Hormis les connaissances, qu'est ce que l'INSA vous a apporté ?

Plutôt que la connaissance, ces quatre années à l’INSA de Rouen puis une année à l’École Polytechnique de Montréal m’ont fait comprendre sur quels sujets, comment et avec qui je désirais travailler. Cet apprentissage s’est fait à la fois en accord et en opposition avec l’école et son système. J’ai toujours aimé créer des choses, depuis tout petit, et les rêver en grand.

J’ai donc intégré le département Architecture des Systèmes d’Information en 2002 car l’informatique couplée à Internet permet de créer à faible coût des choses extrêmement ambitieuses. Avec 1 000 € de budget, il est possible de mettre son travail à la disposition de milliards d’êtres humains. Ce potentiel est évidemment sans équivalent dans l’histoire. Vouloir devenir entrepreneur allait cependant à l’encontre de nombre de réflexes et mêmes d’enseignements de l’école.

Je n’étais pas obsédé par les notes ou même mon diplôme, sachant que je voudrais créer mon futur par moi-même par la suite. Je faisais donc souvent le choix de passer très vite sur les matières qui m’intéressaient moins (certaines matières peuvent s’étudier en l’espace de 2 jours sans problème, pas la peine d’attendre un semestre) et au contraire me concentrer énormément sur les projets que je jugeais plus enrichissants. Cette décontraction, et aussi ma tendance à remettre en cause la façon dont l’école fonctionnait, m’ont amené à pas mal de conflits avec le corps enseignant à l’époque. Cela m’a fait comprendre que je ne serais pas à l’aise dans un environnement d’entreprise classique. Je me suis fait aussi beaucoup d’amis évidemment durant cette période, avec qui je suis en contact constant et que je revois très régulièrement. L’un d’eux (Valentin Surrel, ASI05) est un cofondateur de Captain Train.

 

 

3. Racontez nous l'évolution de Captain Train depuis sa création ? Vous est-il arrivé d’émettre des doutes, ou d'être découragé ?

Nous sommes trois fondateurs (Martin Ottenwaelter, Valentin Surrel et moi). Nous avons démarré Captain Train en 2009 sur un coup de tête instinctif, suite à l’ouverture du marché de la vente de billets de train en ligne par l’Autorité de la Concurrence. Malgré le peu de volonté du monopole historique nous avons réussi à vendre nos premiers billets en 2010, à notre famille et nos amis. Nous avons ensuite lancé une version bêta en avril 2011, et avons attendu de lever des fonds et de créer une équipe pour lancer une version publique en octobre 2012. Aujourd’hui notre petite équipe a bien grandie, nous sommes désormais 60 personnes (réparties entre ingénierie, support clients, marketing, RH et comptabilité) pour vendre des billets de train de 19 pays différents à 1,6 million d’utilisateurs.

D’outsider complet dans ce marché, nous sommes passés en sept ans à une position unique et nous nous battons pour devenir la référence de la vente de billets de trains. Notre objectif est de permettre à tous d’acheter des billets de train partout en Europe au meilleur prix en quelques dizaines de secondes. Je ne pense pas que nous ayons été un jour découragés. Nous avons bien entendu douté, ce qui est sain. Notre principale source de doutes peut paraître un peu étrange, mais nous nous sommes beaucoup inquiétés au début d’avoir très peu de concurrents. En réalité le marché est tellement complexe et lent qu’il est possible qu’ils aient plus réfléchi que nous avant d’y aller.

 

 

4. Comment voyez vous l'avenir de cette belle entreprise ?

Captain Train a été acheté en début d’année par le n°1 britannique Trainline (le Royaume-Uni est un marché ferroviaire libéralisé depuis 20 ans). Nous mettons en commun toute notre expertise des marchés continentaux européens et la puissance financière et marketing de Trainline pour accomplir notre objectif commun : devenir la référence européenne pour acheter ses billets de train. Notre groupe a vendu 2,6 milliards d’euros de billets de train l’année dernière, et nous travaillons dans un marché potentiel de 57 milliards d’euros annuels. Nous avons donc encore beaucoup de travail pour pouvoir proposer l’intégralité de l’offre et faire connaître nos applications à tous.

 

 

5. Et votre avenir à vous ? Comment l'imaginez vous ?

Aujourd’hui je suis Director International du groupe Trainline et toujours CEO de Captain Train. Je continue à développer l’entreprise que nous avons fondée et à aider notre équipe à créer des produits simples et utiles pour les voyageurs en train. J’essaye par ailleurs de prendre un peu de mon temps pour partager mon expérience avec d’autres créateurs d’entreprise. Le secteur de l’industrie numérique est un secteur à chômage négatif ! Nous avons du mal à trouver assez de talents pour le développer. Favoriser et encourager la création d’entreprises est donc très importante.

 

 

Pour en savoir plus : https://www.trainline.fr

 

 

Agenda numéro 32

Revue de presse 32

Jean-Louis Billoët élu président du groupe INSA

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INSA Rouen, des élèves-ingénieurs et pas seulement Création d’une filière danse-études

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Le congrès international de la société des ingénieurs de l'automobile (S.I.A.) présent à l'INSA Rouen

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